29 novembre 2008

Franck Ribéry et les Agents

Sûr qu'en première lecture, l'article d'A. Hermant du PARISIEN va conforter le plus grand nombre dans l'idée que, décidément ces agents ne sont pas des gens fréquentables.

 

S'il n'est évidemment pas question, de prendre parti dans une affaire en cours de jugement, nous avons, au Collectif Agent 2006, une autre lecture de ce type d'affaire ; c'est en effet celle qui consiste à rappeler inlassablement que tant que la loi ne prévoira pas une procédure stricte de la dénonciation des mandats liant le joueur à l'Agent et une utilisation très encadrée des mandats Clubs, le désordre et la concurrence sauvage continueront de régner.

 

Car si cette affaire est médiatisée, ne doutez pas qu'ils en existent bien d'autres tant nous sommes régulièrement confrontés à ce type de débauchage et que nous avions rappelé - sans succès encore à ce jour - au Ministère en mars 2008 qu'il fallait prévoir des règles très strictes pour les 2 points ci-dessus rappelés (voir les articles "Historique" et "Rapport BESSON").

 

 

Nous posons donc encore une fois la question : par quel instrument le débauchage s’est-il effectué ?

Réponse : le mandat club ou l’outil magique pour évincer l’agent du joueur.

 

 

Classique et terriblement efficace, la conjonction de la non protection des mandats et du mandat Club…

 

Changer d'Agent par simple opportunité demeure un jeu d'enfant et cette concurrence sauvage provoque une division entre Agents qui continuent à les affaiblir considérablement dans leur rôle de défense des intérêts des joueurs.

 

Cette concurrence sauvage est inacceptable, car même si certains Clubs en tirent profit, elle complique d'abord considérablement leur tâche dans l'identification de l'Agent réellement mandaté par le joueur.

 

Nous aurons par ailleurs très certainement l'occasion de revenir sur cette affaire car nous avons dans l'idée qu'elle révèlera d'une manière ou d'une autre, un certain nombre d'entorses plus ou moins flagrantes aux règlements et lois en vigueur…

Plainte contre Ribéry et l’OM

ribery.jpgBRUNO HEIDERSCHEID, ancien agent luxembourgeois de Franck Ribéry, a déposé plainte "pour faux et usage de faux et escroquerie au jugement" auprès du procureur de Marseille fin octobre. Cette action judiciaire vise le meneur de jeu français du Bayern Munich, ses agents Alain Migliaccio et Jean-Pierre Bernès, Pape Diouf et Julien Fournier, dirigeants de Marseille, ainsi que le club de l’OM en tant que personne morale et l’avocat Jean-Jacques Bertrand.

 

Le magistrat marseillais a demandé à la brigade financière de la PH de Marseille d’ouvrir une enquête qui vient juste de débuter. Pour Bruno Heiderscheid, les preuves fournies par la partie adverse devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne en novembre 2007, celui-ci devant statuer sur la rupture du contrat le liant à Ribéry, seraient des faux. Il reprocherait aussi une collusion entre l’OM, les agents de Ribéry et Me Bertrand. Par ailleurs, une plainte devant la Fifa a été étalement déposée par Bruno Heiderscheid en 2007 contre Migliaccio et Bernès pour "débauchage de joueur et violation des règlements Fifa en matière de transfert". "Tout ceci m’est égal, répond Alain Migliaccio, l’agent de Ribéry. Nous allons déposer plainte à notre tour contre lui pour harcèlement." Egalement contactés, Jean-Jacques Bertrand anis que Pape Diouf disent n’avoir "aucun commentaire à faire".

 

A. H.

Le Parisien du 29 novembre 2008

 

20 novembre 2008

Rapport Besson : après les arbitres, les agents disent non

eric-besson.jpgPublié le 4 novembre dernier, le moins que l'on puisse dire est que le rapport BESSON n'a pas fait l'unanimité loin, s'en faut.

 

Vous avez déjà entendu les arbitres s'élever vigoureusement contre l'idée de se voir gouverner par la LFP, vous n'avez rien entendu des Agents sur lesquels pèse la même menace.

 

Voici encore une belle opportunité pour vous montrer que le Collectif Agents 2006 est le seul syndicat d'Agents à défendre une réelle indépendance et par la même, une authentique représentation des joueurs.

 

Alors, comme les arbitres, nous ne voulons pas dépendre de la LFP dans les conditions de gouvernance actuelles.

 

Détaillons à présent comment le rapport BESSON s'y prend pour amener cette proposition. En préambule, il souligne que "Délégataires du service public, les fédérations ont la faculté - et non l'obligation - de créer une ligue professionnelle, chargée de la représentation, la gestion et la coordination des activités sportives à caractère professionnel des associations qui leur sont affiliées ... les ligues participent donc à l’exécution d’une mission de service public".

 

 

Dans un premier temps on constate non sans déplaisir le rappel du pouvoir de chacun.

 

Progressivement le rapport indique qu'il convient de favoriser sur certains domaines "une plus grande coopération entre les fédérations et les ligues concernant leurs missions en complétant par exemple la liste des domaines de compétences exercées en commun. Dans le cas spécifique du Football, les activités essentielles à une organisation efficace des compétitions et dont l'emprise fait aujourd'hui à la Ligue, sont : la gestion des agents et celle des arbitres intervenant dans le secteur professionnel." 

 

Si les mots ont encore un sens, la définition de "emprise" est la suivante "domination morale, intellectuelle. Ascendant ; avoir de l'emprise sur quelqu’un".

 

Nous sommes donc passés en quelques lignes d'une plus grande coopération à une emprise. Mr BESSON n'a manifestement pas voulu écouter une autre pensée, celle des familles du football (voir article Equipe du 14 Novembre "BESSON exclut les familles") comme celle des Agents puisque qu'il n'a reçu que le seul UASF.

 

Et si nous ne souhaitons diaboliser personne, nous savons aussi que la Ligue réitère périodiquement sa volonté d'obtenir la dite emprise sur nous.

 

Enfin, à aucun moment, dans la démonstration sur une meilleure gouvernance du football professionnel, il n'est proposé de revenir sur le mode de nomination du président de la LFP, qui, élu par les Présidents de Clubs, en devient de fait l'obligé. Cela a tout récemment été l'une des causes majeures du conflit qui a opposé l'UNFP aux Présidents de Clubs (voir nos articles sur la grève).

 

Le rapport JUILLOT avait déjà mentionné que la FFF pourrait parfaitement nommer un Directeur Général de la LFP.

 

L'autre axe de réflexion qui nous concerne dans ce rapport, demeure les propositions énoncées qui ne sont absolument pas à la hauteur des défis auxquels nous devons faire face :

 

-       Il ne retient aucune réflexion sur le rôle historique des Agents alors que le rapport fixe comme objectif "une réflexion nécessaire sur le statut des arbitres"

 

-       Il reprend sans nuances le projet de loi HUMBERT autorisant le Club à payer l'Agent avec dépôt obligatoire du mandat liant le jouer à l'Agent à la FFF mais sans aucune précision d'antériorité et/ou de délai, ce qui le rend caduc. Il n'est toujours pas question d'introduire une procédure stricte de dénonciation de mandat liant le joueur à l'agent et dont tout le monde sait que là est la source des dérives.

 

-       Nous sommes dans l'Europe et à fortiori dans le monde, les seuls à ne pas être autorisés "officiellement" à être rémunérés sur les contrats des joueurs mineurs (plus de la moitié des joueurs des Equipes de France des moins de 18 ans ont des contrats professionnels ...). Nous continuerons à expliquer qu'il serait plus sain de l'autoriser dans un cadre strict permettant d'éviter des dérives. L'effet pervers de cette interdiction réside dans une exportation incontrôlée aux seuls fins de percevoir d'importantes commissions.

 

 

-       Nous sommes limités à 10% des commissions dans le meilleur des cas, il est parfaitement injuste de stigmatiser l'ensemble de la profession qui toucherait plus de 30 millions d'euros par an quand cela ne concerne que quelques uns.

 

L'Equipe a titré "Le rapport BESSON hors sujet", nous aurions nous tendance à penser qu'il ne l'est pas tant que cela en ce qui nous concerne tant il est porteur d'une pensée unique selon laquelle les clubs doivent pouvoir maîtriser l'ensemble des opérateurs économiques à commencer par les Agents.

 

 

Merci à tous ceux qui nous rejoignent en ce moment et qui comprennent que notre indépendance est clairement menacée.

 

Les Agents d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier. Ils sont plus informés, plus préparés, plus diplômés, toutes qualités qui leur permettront de résister à certaines tentations et d'agir ainsi dans le cadre d'une relation équilibrée comme dans celui d'une réelle déontologie de notre profession.

 

Soyons persuadés que progressivement et grâce à notre influence, elles se mettront naturellement en place.

14 novembre 2008

Besson exclut les "familles"

MARDI DERNIER, Eric Besson, le secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Evaluation, auteur d’un rapport destiné à "accroître la compétitivité des clubs français", recevait à déjeuner le football français. Mais tout le monde n’était pas convié à table. Les présidents de club, les joueurs, ou encore les patrons des instances (Ligue, Fédération) étaient là, mais pas les entraîneurs, les arbitres, les médecins ni les administratifs. Ce qui n’a pas vraiment plu à Joël Muller, le président de l’UNECATEF, le syndicat des entraîneurs : "C’est assez désagréable, pour ne pas dire plus. Il est incompréhensible que les entraîneurs, qui sont des personnages importants dans un club, n’aient pas été invités. On doit estimer que nous ne sommes pas utiles à grand-chose. C’est lamentable." Et inquiétant pour la suite. "Si des modifications doivent être apportées au rapport Besson, la moindre des choses est que nous y soyons associés, poursuit Muller. Mais notre avis ne semble pas les intéresser."

 

E. M.

L’Equipe du 14 novembre 2008

12 novembre 2008

2ème Conférence du Jeune Footballeur Africain

4.jpgComme annoncé le 6 octobre dernier, je me suis rendu à YAOUNDE pour montrer à Jean-Claude MBVOUMIN le Président de CULTURE FOOT SOLIDAIRE notre soutien dans sa volonté de défendre le jeune footballeur africain contre les prédateurs de toute sorte.

 

Au delà du champ solidaire, nous avons un objectif commun qui demeure celui de lutter contre la prolifération des faux agents et/ou collaborateurs de tous horizons qui profitent à loisir de réglementations trop complexes ou inadaptées. Non que les Agents licenciés soient toujours exempts de reproches mais ils sont de vrais professionnels et demeurent un tant soit peu encadrés par les Fédérations.

 

Extraordinaires rencontres locales mais aussi plaisir de retrouver représentés la FFF par Michel WINCKE, l'UNFP par René CHARRIER, le Club du HAC par le Président de son Association Luis GARCIA.... mais aussi Christian KAREMBEU, Philippe DOUCET ou encore Jean Pierre PAOLI qui ont pris de leur temps pour soutenir, eux aussi, l'énorme investissement humain entrepris par Jean-Claude MBVOUMIN au service de ces jeunes.

 

Au delà de cet œcuménisme, l'action de CULTURE FOOT SOLIDAIRE auprès des instances s'est concrétisée par les décisions prises par la la FIFA qui va modifier au 1er janvier 2009 les dispositions concernant les transferts des joueurs mineurs et ce, par un ensemble de 6 principes directeurs qui sont :

 

1-    Les indemnités de formation de l'âge de 12 à 15 ans vont passer de 10 K$ à 60/ 90 K$ ;

 

2-    Enregistrement auprès de la FIFA d'un maximum d'académies privées avec délivrance de licences au plus grand nombre afin de pouvoir ultérieurement les suivre ;

 

3-     Création d'une sous commission spéciale pour les transferts des mineurs avec un contrôle qui s'effectuera à priori et non plus à posteriori ;

 

4-    Chaque Association nationale devra entrer les transferts de mineurs dans le système informatique Transfer Matching System ;

 

5-    Allongement de la durée des contrats de travail qui passerait de 3 à 5 ans ;

 

6-    Mise en place d'une campagne d'information avec des spots TV.

 

 

Vous trouverez le détail de ces mesures sur http://fr.fifa.com/mm/Document/AFFederation/Bodies/92/41/...

 

Voilà quelles sont les actions concrètes de l'Association qui œuvre désormais à la création des Maisons du Jeune Footballeur au Cameroun d'abord, puis dans d'autres pays d'Afrique.

 

Un grand merci à Jean-Claude MBVOUMIN et à ses collaborateurs pour leur superbe accueil à YAOUNDE.

 

 

Bertrand Cauly

 

(voir album photos " YAOUNDE – oct. 2008")