21 décembre 2009

FIFA OR UE ????

 

joueur-baby-foot.jpgComme annoncé, les rumeurs annonçant le projet de la FIFA de ne plus gérer les licences d'Agents de joueurs sont confirmées et nous laisserait donc avec notre règlement Etatique.  La France disposant de la réglementation la plus élaborée au monde en la matière, nous ne sommes pas les plus à plaindre, notre Code du sport exigeant la possession de la licence pour exercer. 

 

Mais quand même ... quand on sait que le comité exécutif de la FIFA vient d'annoncer une hausse du montant des primes qui seront distribuées aux joueurs pour la prochaine Coupe du monde de 173 à 279 millions d'Euros on s’interroge. 

 

Il est vrai que la FIFA veut de la sorte mettre les Etats devant leur responsabilité en la matière et c'est là que vient à fort à propos la publication toute récente - le 18 Décembre - de l'étude sur les Agents Sportifs commandée par l'Union Européenne et dont les recommandations sont conformes à ce que nous avons toujours fait et souhaité.

 

En effet l'étude " préconise un système volontaire de licence pour l'accès à la profession avec un examen testant un minimum de qualifications professionnelles et de connaissances de l'environnement juridique , économique et social  nécessaire à l'exercice de leur activités, pour autant qu'un tel système ne porte pas atteinte à la libre circulation des Agents Sportifs dans l'Union Européenne."  Nous n'en sommes donc pas à la suppression pure et simple de la dite-licence.

 

 

Mais surtout " Les acteurs du sport au niveau national, européen et international ont par ailleurs un rôle essentiel à jouer dans l'organisation des activités de placement sportif en matière de dialogue, d'éducation/formation, d'éthique et de contrôle /sanctions, par exemple :

            

-  En associant les agents sportifs à l'élaboration de règlements relatifs à leurs activités.

 

-  En éduquant et conseillant les sportifs sur le rôle des agents sportifs .

 

-  En informant des dérives et pratiques illégales de sportifs, agents, clubs, organisateurs de manifestations sportives

 

-  En mettant en place des codes de conduite éthique contraignants élaborés par les agents, les fédérations , les clubs et les joueurs , en particulier pour éviter les conflits d'intérêts .

 

-  En mettant en place un système de centralisation des flux financiers dans le cadre de transferts entre deux clubs .   

 

 

Ces préconisations sont donc un signal fort  à poursuivre notre action. Nous aurons l'occasion vers Mars 2010 de publier nos nouvelles propositions en ce sens.

 

D'ici là il n'est pas impossible que le sujet des Agents revienne très prochainement par la mauvaise porte judiciaire à savoir que l'instruction concernant le dossier du PSG sur la période 1998- 2003  est terminée. De nombreux agents vont être en cause et la profession une nouvelle fois stigmatisée.

 

Comme vous le savez, nous sommes désormais présents à la commission des Agents de la FFF et nous avons demandé à la Fédération de ne plus se limiter à la demande de l'euro symbolique dans ce type d’affaire, des syndicats comme le nôtre ont besoin de moyens pour fonctionner ; il serait normal que ceux qui ternissent la profession payent leur écot pour la redorer.

 

 

Bonnes fêtes de fin d'année.

21 novembre 2009

DIC Suite et ...suite

DIC.jpg

La bataille du DIC (Droit à l’Image Collective)  a ceci de passionnant que les arguments des uns et des autres sont contestables ou réversibles et souvent les deux à la fois. Evidemment nous les Agents n'allons pas nous exprimer sur le sujet, déjà personne ne nous le demande et surtout il va de soi que nous ne pouvons être que pour le maintien de ce dispositif, toute autre position nous ferait rentrer dans des développements à en faire décrocher plus d'un ....

 

Notons quand même que la revue de presse sur le sujet montre des avis partagés et que Michel PLATINI a livré une analyse qui nous semble comme à l'accoutumée bien au-dessus de la mêlée.

 

Mais nous, ce qui nous a particulièrement intéressés c'est l'interview ( L'Equipe mag du 14) de Nicolas DE TAVERNOST Président du directoire de M6, actionnaire majoritaire de Bordeaux,  et dont certaines positions donnent un autre éclairage au débat ;

 

 

- Sur le DIC : « La seule chose que je critique, c'est que l'Etat ne respecte pas ses engagements ..... quand vous recrutez GOURCUFF, vous faites vos comptes en fonction. On ferait mieux de faire payer des charges sociales à MONACO »

   C'est bien parce que MONACO ne titille plus les premières places depuis longtemps que les Présidents de Clubs ne s'offusquent que mollement de cette flagrante distorsion de concurrence et c'est parce que nous y sommes particulièrement attachés que nous apprécions. Nous vivons cette distorsion tous les jours. Et pendant ce temps là , le projet de loi sur les Agents Sportifs est bloqué et  la FIFA projette une dérégulation totale du métier d'Agent ...  

 

- Sur les instances : Quand on lui demande quelle est la satisfaction  que lui apporte le Club il répond   :"  La satisfaction du devoir accompli. D'autant que personne ne nous attendait. Je le remarque à la considération que les organes représentatifs du foot nous ont portée quand on est entrés dans le Club. C'est l'une des surprises de ce milieu ...on ne peut pas dire que ces organismes sont très diplomates. Ils pourraient au moins faire semblant."

 

Merci Monsieur le Président de ne nous délivrer ainsi d'une paranoïa naissante alors que nous les Agents sommes considérés comme on le décrit régulièrement dans ces colonnes.  Oui, la FFF a accepté que nous intégrions la Commission des Agents ...mais après il y tant à faire que nous ne pouvons parler nous de travail accompli. Le jour par exemple ou  cette Commission aura de réels pouvoirs et les instances une réelle considération pour les Agents.

 

Bertrand CAULY/ Président COLLECTIF AGENTS 2006.

05 novembre 2009

LA FIFA ET LES AGENTS

fifa.jpgLes informations selon lesquelles la FIFA voudrait se désengager de  la gestion des Agents sont chaque jour plus nombreuses. Alors info ou  intox ? Bonne ou mauvaise chose?   En première lecture la dérégulation  totale de l'activité du côté FIFA est inquiétante quand on constate  chaque jour le nombre d'incompétents - pour être gentil- qui chassent  la chair fraîche ... mais pour beaucoup discrètement et/ou sous le  couvert d'Agents licenciés et eux heureusement compétents.

C'est aussi la FIFA qui règle les litiges entre Agents, joueurs et clubs  dès qu'un élément d'extranéité se trouve dans la négociation.

Voilà ce que nous y perdrions. De l'autre côté , force est de  reconnaître que la FIFA nous impose un certain nombre d'obligations  sans nous donner le moindre droit: nous n'avons - à la différence des  Clubs et des Joueurs - aucune représentation dans les instances de  règlement des litiges , la FIFA nous impose de passer devant sa "  justice " en principe spécialisée et plus rapide alors que le  traitement des dossiers peut prendre de 1 à 2 ans ... Pire , c'est une  justice censitaire  car l'Agent lésé , non représenté doit EN PLUS  faire l'avance de frais conséquents ( minimum 5.000 CHF) pour  
instruire le moindre dossier ..


Nous avons aussi souvent remarqué que la FIFA pouvait constituer un "  écran " pour les Fédérations en difficulté sur certains dossiers ou  l'on peut assister à un va et vient incessant et donc particulièrement  pénalisant pour le réclamant ...

Enfin et comme vous le savez sans doute , au sein de 27 pays de  l'Union il existe  autant de règlements étatiques concernant les  Agents qu'il y a de pays ... quand  il y a réglementation ...

 
Aussi ce désengagement de la FIFA s'il devait se produire , motivera  sans doute le Conseil de l'Europe a accélérer ses travaux quant à  l'élaboration d'une directive Européenne sur les Agents de joueurs : à  défaut nous avons en France le règlement le plus complet en Europe par  les articles L 222 et suivants du Code du sport qui nous vont bien .

 Il suffit juste que ces règlements soient appliqués..

Comme vous le savez, le projet de loi sur les Agents sportifs  n'avance guère et vu l'ambiance actuelle (suppression du DIC) , ce  n'est pas pour demain .. Tous ces éléments doivent inciter les Agents  à rejoindre les Syndicats en place : défendez-vous car une  dérégulation totale serait quand même la pire des choses pour nous  bien sûr mais encore plus pour les joueurs.



Bertrand CAULY/ Président COLLECTIF AGENTS 2006.

29 septembre 2009

Affaire KAKUTA

Récemment, la presse sportive nous a parlé de l’ »affaire Kakuta », intéressante à plus d’un titre, pour qui s’intéresse de près à l’environnement juridique et économique du football.

 

Gaël KAKUTA était un jeune joueur très talentueux de 15 ans qui avait signé, avec le RC.Lens, un contrat aspirant à effet différé, promettant de signer, ce contrat de travail, en faveur de Lens dès l’âge de 16 ans.

Aux 16 ans du joueur, Lens a voulu appliquer ce contrat et le récupérer, mais son père n’était plus d’accord. Le joueur refuse de signer la convention de formation, et comme le contrat aspirant n’a de valeur que lié à une convention de formation, le dossier du joueur ne peut pas être enregistré.

En effet, entre temps, le joueur a été sollicité par le club anglais de Chelsea, qui selon certains chiffres évoqués, aurait proposé une prime à la signature d’un million d’euros et un salaire mensuel de 30 000 euros au joueur.

Le joueur s’est engagé avec le club de Chelsea, avant l’âge de 16 ans (ce qui est interdit, en Angleterre, pour un joueur étranger) où il a joué en équipe réserve, avant de se blesser grièvement en début d’année.

Le club de Lens, contrairement à ce qui s’est passé dans le dossier Taarab, parti à Tottenham, pour lequel les deux clubs ont trouvé un accord, s’est tourné vers la FIFA pour rupture de contrat.

Malgré de nombreuses discussions, aucun accord n’a pu être trouvé entre les deux clubs et la chambre des résolutions des litiges de la FIFA s’est prononcée en faveur de Lens, en prenant des sanctions très lourdes, même si le club de Lens souhaitera, probablement, en appel, obtenir d’avantage :

 

·    le club de Chelsea est condamné à verser au club de Lens, la somme de 130 000 euros et le joueur (solidairement avec le club) devra payer, à son ancien club, 780 000 euros pour non respect de l’accord signé.

·    Surtout, le club de Chelsea est interdit de recrutement de joueur, quelque soit sa nationalité, pour la totalité des deux prochains marchés des transferts.

 

Cette affaire est très intéressante, car elle soulève plusieurs points juridiques :

 

·    un contrat différé, qu’on peut comparer à l’accord de non sollicitation (même si le contrat différé était bilatéral quant le l’A.N.S. n’oblige que le joueur, le club ayant le droit de renoncer à prendre le joueur) a la même valeur que le contrat lui-même,

·    le non respect de l’âge légal  de 16 ans par Chelsea, alors que les règles de la fédération anglaise sont claires sur ce point a été également réprimé.

 

Il est intéressant de constater que le non respect d’un accord est puni, dans un milieu où les trahisons et les revirements d’opinion sont légion.

Il faudrait que cela soit le cas, également, pour les contrats signés par les agents avec des tiers, qu’ils soient joueurs ou clubs et que nous puissions également être défendus lorsque nous sommes victimes de non respect des accords passés.

D’autre part, pour la première fois, un club et un joueur sont condamnés à des peines lourdes, alors que, très souvent, seuls les agents qui ont « aidé » à la mise en place de l’opération sont punis. A ma connaissance, d’ailleurs, aucune sanction n’a été demandée envers les deux agents qui ont participé au dossier, même si certains ont laissé entendre qu’ils en étaient les instigateurs principaux.

Comme dans tous les dossiers litigieux, s’il est vrai que les agents participent activement, rien ne pourrait être fait sans la volonté et l’accord des clubs, des joueurs et de leurs parents.

Il est clair que l’intérêt du jeune joueur de partir à l’étranger n’est que rarement vérifié et le nombre d’échecs bien plus important que les succès, même dans les cas où les parents peuvent continuer à suivre leur fils.

Le changement de langue, de culture et de vie sont difficiles à vivre à 16 ou 17 ans.

Par ailleurs, l’attente d’un club sera toujours plus forte vis-à-vis d’un joueur étranger que d’un local et l’impatience est souvent de mise, alors qu’un joueur en formation a besoin de temps et de confiance.

Il faut bien le reconnaître aussi, la formation française est d’excellente qualité et il est préférable, pour un jeune joueur, de continuer e France, sa formation, avant de s’exiler, le cas échant.

 

La modification de la Charte permettant à un joueur de s’engager dans un autre club français, au lieu de signer avec son club formateur est un premier pas pour éviter l’exode des jeunes talents, dans les clubs étrangers.

Il faudrait aussi que les clubs respectent d’avantage les jeunes joueurs en les payant à la valeur de l’avenir qu’ils prétendent voir en eux et en leur donnant du temps de jeu. L’exemple d’Eden HAZARD à Lille ou de Karim BENZEMA à Lyon, sont, de ce point de vue, remarquables

Enfin, il faudrait, également, permettre aux agents d’être rémunérés pour les joueurs mineurs signant en France. Cela est interdit par la réglementation française, alors que cela est possible pour les joueurs signant à l’étranger. Si un travail a été fait, en suivi de jeunes joueurs, il doit être rémunéré.

C’est en permettant des conditions gagnantes pour les clubs, les joueurs et leurs agents qu’on pourra permettre aux jeunes joueurs de restant en France pour continuer à se former, avant de s’exiler éventuellement, permettant une progression dans leur carrière et une rémunération suffisante et normale au club formateur.

 

Il est heureux que le non respect d’accord soit puni ; il faut aller plus loin et favoriser toutes les parties qui souhaitent travailler dans la légalité et le respect des règles.

 

 Eric CONTI

27 septembre 2009

Du pain sur la planche

Comme vous le savez peut être le Syndicat COLLECTIF AGENTS 2006  fait son entrée à la commission des Agents Sportifs de la FFF où son Président Bertrand CAULY y siégera donc pour un mandat de 3 ans. 

 

Nous saluons donc ici l'esprit d'ouverture de la Fédération que nous n'avons pas toujours ménagé mais à laquelle nous avons pu apporter également la preuve de notre travail et de notre implication notamment dans le domaine de la lutte contre les faux agents. Nous comptons participer activement à  cette commission pour obtenir de réelles avancées quant à notre statut et au cadre légal dans lequel nous évoluons.

Gratuité de nos entrées dans tous les stades, protection de nos contrats de médiation, récépissé de l'enregistrement de nos mandats à la FFF, garantie de nos créances sur le territoire Français, possibilité de rémunération sur notre travail  auprès des joueurs mineurs , annulation de l'imposition immédiate de nos commissions sur la totalité de celles ci même si nous  ne les percevons que sur  plusieurs  années, accès gratuit à la justice de la FIFA pour le recouvrement de nos créances auprès de joueurs et /ou Clubs étrangers, obtention d'une représentation à la chambre des litiges de la FIFA ou nous sommes les seuls à ne pas être représentés,  réunions communes avec la l'UCPF et la LFP, tels sont notamment les changements que nous souhaitons obtenir dans ces 3 ans.

Il n'est pas dit qu'il suffira de demander gentiment et il n'est pas impossible que des procédures judiciaires soient inévitables. Si cela doit être, nous les ferons sans état d'âme et sans animosité.

Le renvoi en correctionnelle d'un certain nombre de protagonistes autour des transferts du PSG dans la période 1998 à 2003 risque une fois de plus de brouiller notre image auprès de tous ; nous avons déjà demandé à la Fédération de ne plus se contenter de demander 1 € symbolique mais de demander  des montants en rapport réel avec le préjudice que nous subissons ce  qui constituerait donc un juste retour face à ce manque de solidarité avec l'ensemble de la profession. De même , la défense d'un Agent Sportif récemment condamné pour  rémunération d'un parent , sur la base de l'autorisation en droit commun de rémunérer un collaborateur mettrait en danger toute la profession si elle était acceptée ; quel intérêt de passer une licence si aujourd'hui les parents, frères, collaborateurs divers nous demandent 50 % de nos commissions  Question : et pourquoi pas 100% ?


Comme vous le savez, notre Syndicat ne s'adresse pas qu'aux Agents du Football et notre ambition demeure d'unir un maximum d'Agents Sportifs afin de pouvoir enfin traiter d'égal à égal avec les instances et des Clubs. Encore du travail donc mais nous commençons clairement à recueillir nos premiers résultats.


Le Bureau.

12 juillet 2009

La FFF et les agents troubles

Paru dans "FF" du 7 juillet, le titre et le contenu de cet article ne nous aura bien sûr pas échappé... Et l'on y révèle quelques perles dont cette phrase du président des Girondins de Bordeaux au sujet du transfert de Souleymane DIAWARA et de son trop fameux conseiller le dénommé Karim AKLIL... Donc nous citons : "Ce n'est pas moi qui choisit l'interlocuteur, c'est le joueur...à lui de s'assurer de la "qualité de son représentant."

 

Nous allons donc réviser ensemble le Règlement des Agents de joueurs de la FIFA/Chapitre VI DROITS ET OBLIGATIONS DES CLUBS/Article 27 Alinéa 2 : un club est tenu, s'il ne négocie pas directement avec le joueur, de mandater exclusivement un agent de joueur licencié. Alinéa 3 : un club est tenu de s'assurer que l'agent de joueurs qu'il mandate dispose de la licence appropriée avant de signer le contrat de médiation.

 

Certes la pédagogie est l'art de la répétition, mais jusqu'à quand ??? Nous invitons Monsieur TRIAUD à relire notre dernier article sur la réunion de travail consacrée à LISBONNE au trafic des jeunes sportifs : l'exemple donné ici est catastrophique tant il va ouvrir plus grand encore la porte aux affairistes, les mêmes dont il se plaindra quand ils viendront piller son centre de formation en faisant miroiter à ces jeunes pousses des contrées plus lucratives...

 

Aux dernières nouvelles, la FIFA semblerait vouloir déréguler l'activité des agents ce qui ne serait pas plus mal tant elle est dans l'incapacité de faire respecter ses propres règlements. Elle nous impose un certain nombre de devoirs mais nous n'avons quasiment aucun droit.

 

A propos, et dans le cas de Karim AKLIL, nous passons un cran supplémentaire car ce dernier ne semble couvert par aucun agent licencié et affiche tranquillement sur www.soccerassociation.com un des sites les plus utilisés par tous les professionnels, la liste des joueurs dont il s'occupe et non des moindres... La FFF aurait décidé de porter plainte, nous vérifions auprès de leur avocat pour nous constituer partie civile, fidèle en cela à l'engagement de tous les syndicats d'agents lorsque ce type de cas se présente.

22 juin 2009

Séminaire sur le trafic des jeunes sportifs

Après avoir participé à une précédente réunion sur ce thème au siège de la FFF ce mardi 9, le COLLECTIF AGENTS 2006 était présent à Lisbonne ce lundi 15 juin à la Représentation Permanente de la Commission Européenne au Portugal pour participer, sous la présidence de Mr José Luis ARNAUT, à une réunion destinée à proposer des pistes de travail pour réduire au maximum l'exploitation des jeunes sportifs.

 

En effet, c'est en Décembre 2008 à Athènes où la conférence du Conseil de l'Europe des Ministres Responsables du Sport a invité l'APES (Accord Partiel Elargi sur le Sport du Conseil de l'Europe) à prolonger les initiatives prises par les fédérations internationales et l'Union Européenne afin, si possible, de promouvoir des standards de qualité qui réguleraient l'activité des agents de joueurs soulignant que ces activités, lorsqu'elles tombent sous le coup des dispositions en vigueur en matière de lutte contre la traite des être humains, doivent aussi être poursuivies par les autorités responsables.

 

Le projet de travail qui nous a été soumis montre dans sa conclusion l'étendue du problème auquel nous devons faire face :

 

-       "Malgré de nombreux instruments juridiques pertinents en vigueur, force est de constater que ce fléau perdure, se répand et atteint d'autres secteurs du sport moins visibles que celui du football"

 

-       "Où est le maillon faible" ou encore "l'application mécanique du droit est-elle suffisante ?"

 

Invité à exprimer un point de vue du côté des agents, j'ai donc eu l'occasion de faire passer les messages suivants :

 

1/ Le trafic des jeunes sportifs n'est que rarement l'œuvre d'agents sportifs licenciés et afin de ne plus y être assimilés, nous demandons à ce que les instances du football en coopération avec les autorités judiciaires s'emparent réellement du sujet avec une réelle volonté d'aboutir. Les responsables du trafic savent très bien qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une licence d'agent pour proposer un joueur aux clubs.

 

"Tant que vous n'aurez pas responsabilisé les joueurs mais également les dirigeants des clubs en les prévenant qu'ils seront sanctionnés sur le plan sportif comme sur le plan financier s'ils contractent avec des individus exerçant illégalement, ils continueront." Mr Jean Philippe DE SAINT MARTIN Inspecteur des finances devant la commission des affaires culturelles de l'assemblée Nationale le 15 Novembre 2006.

 

2/ La mission des agents n'est toujours pas à ce jour clarifiée à savoir que les joueurs ne savent plus très bien si les agents défendent leurs intérêts ou ceux des clubs, agent sportif, agent de joueur, agent de club, les appellations sont nombreuses mais dans la pratique sa fonction reste souvent confuse et donc sujette à méfiance. Il faut retenir à la mission originelle de l'agent qui consiste en la défense du joueur et ainsi redonner confiance au joueur dans la certitude qu'il peut compter sur un véritable soutien.

 

"Je crois pour ma part que les agents ont un rôle important. Ils peuvent aider les joueurs, qui sont jeunes - entre 14 et 30 ans - à se défendre contre les présidents de clubs." Michel PLATINI le 19 décembre 2006 devant la commission des affaires culturelles.

 

3/ Le lien contractuel existant entre l'Agent et le joueur parfois appelé contrat de médiation doit être renforcé et protégé : à ce jour il est trop facilement résiliable et il faut trouver des mesures de protection de ses mandats quitte à remettre en cause dans un premier temps la liberté contractuelle quant celle-ci conduit au non respect de l'engagement. Ce n'est qu'un inconvénient mineur dans la mesure où ce type de mesure protégera aussi les joueurs face aux pressions qui peuvent s'exercer sur eux pour qu'ils prennent l'agent non qu'ils auront choisi mais celui que le club lui aura parfois imposé.

 

 

Le CDES (Centre de Droit et Economie du Sport) de Limoges ont publié une étude sur les "Agents dans le sport professionnel : Analyse économique" ;" Mieux garantir l'activité et le statut des agents". L'objectif consiste à sécuriser la profession et à réguler la concurrence entre agents : "il faut prévoir une procédure stricte de dénonciation des mandats par le joueur communiquée à l'instance de contrôle. Faute d'une telle dénonciation, aucun autre agent ne pourra percevoir une rémunération pour ce joueur."

 

 

Des solutions existent donc pour avancer enfin. Attendons le référendum Irlandais, son adhésion au traité de Lisbonne et la possibilité que l'UE dispose d'une compétence pour légiférer sur le sport... dès lors pourront débuter les travaux sur une directive Européenne sur les agents.

 

Plus que jamais notre mission sera de fédérer un maximum d'Agents pour faire entendre notre voix.

14 juin 2009

Des nouvelles du Havre

Souvenez-vous, en avril 2007, le COLLECTIF AGENTS 2006 avait déposé plainte en accord et association avec le Club du HAC contre les agissements d'intermédiaires n'ayant pas autorisation à exercer la fonction d'agent sportif. Les pratiques dénoncées par le club du HAC nous avaient amené à l'époque au dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile. Nous pouvons aujourd'hui vous annoncer, qu'après deux ans d'instruction, notre plainte a été jugée recevable et que le juge d'instruction a donc renvoyé deux intermédiaires devant le tribunal correctionnel dont l'audience devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année.

 

Ce n'est sans doute pas la fonction la plus agréable ou la plus noble, mais nous démontrons que nous demeurons au service des agents licenciés afin de défendre leur image lorsque celle ci est délibérément piétinée et qu'il est possible d'agir...

25 mai 2009

Convention de Lisbonne

Le COLLECTIF AGENTS 2006 participera les 15 et 16 juin prochain à une réunion de travail organisée par le Conseil de l'Europe sur le trafic des jeunes sportifs. Nous pourrons ainsi poursuivre le travail déjà entrepris avec des associations comme "Culture Foot Solidaire" de Jean Claude MBOUMIN que nous avions suivi à l'automne dernier pour la conférence de YAOUNDE.

 

C'est une grande fierté pour notre Syndicat d'aller défendre cette cause qui est aussi la nôtre et ce, pas seulement dans le cadre de la revalorisation de notre profession. Les enjeux en sont bien plus importants et dépassent même de très loin le seul cadre du football.

 

Cette action n'est pas isolée puisque Philippe CHEVET, membre du bureau du COLLECTIF est aussi engagé auprès de l'association "La voix de l’enfant" pour travailler sur la protection des jeunes footballeurs.

 

Nous vous rendrons compte très prochainement de ces événements.

04 mai 2009

Quand Libération déballe....

L'article de Libération daté du 18 avril "Les agents troubles du football français" ne peut nous laisser sans réaction tant s'y mêlent, entre quelques vérités, de nombreuses erreurs témoignant d'une connaissance très parcellaire du sujet. Renaud LECADRE est pourtant un journaliste ayant l'habitude de traiter des sujets complexes de la sphère financière. S'il avait pris le temps de nous interviewer, sans doute aurait-il évité d'aussi nombreuses approximations.

 

En premier lieu, la loi n'interdit absolument pas actuellement à un club de payer un Agent : article L 222-10 du Code du sport : "Un agent sportif ne peut agir que pour le compte d'une des parties au même contrat, qui lui donne mandat et peut seule le rémunérer...". Mais c'est précisément cela qui pose problème car le projet de loi en cours ne veut pas clarifier la question fondamentale de savoir qui représente réellement un agent sportif. Et toute l'ambiguïté de la situation se trouve en ce point en cette dénomination, un agent sportif est-il un agent de joueur ou agent de club ?? 

 

Tant que cette question ne sera pas résolue, les conflits entre agents du joueur et agent du club continueront de plus belle et quand Libération nous fait dire "qu'il revient au joueur de payer son agent", il omet de préciser que son dernier interview nous concernant date de 18 mois... ou de consulter notre blog ou il aurait pu comprendre que ce qui nous importe c'est que l'agent du joueur soit le "teneur" du marché, la question de la rémunération devenant finalement très accessoire...

 

Les promoteurs de ce projet de loi se trompent quand ils assurent qu'elle pourrait empêcher les rétro-commissions. Aucune loi au monde ne peut empêcher le fraudeur de frauder. 

 

Enfin à lire Renaud LECADRE, nous ne serions donc que "des inventions du foot-business", c'est oublier un peu vite que des agents tels que Frédéric DOBRAJE ont été à l'origine de notre profession de réels défenseurs des intérêts des joueurs. Ce n'est que dans un deuxième temps que certains sont devenus des "créatures du foot-business".

 

Cela étant dit, l'éditorial de Laurent JOFFRIN a le mérite de rappeler ce que les dirigeants du football disent tous les jours : ses mœurs ne sont ni pires ni meilleurs qu'ailleurs mais ils se doivent comme ailleurs de veiller à ce que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Et le risque est grand, comme l'a répété Philippe PIAT à maintes reprises, que ce projet de loi s'il était est adopté en l'état ne nous renvoie tous nos chères études.

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